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LE HOLD-UP DE MICROSOFT
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L’EUROPE, COLONIE NUMÉRIQUE SACRIFIÉE SUR L'AUTEL DES PROFITS AMÉRICAINS
Par Laurent Quevilly.
Le 14 octobre 2025, Microsoft mettra officiellement fin au support de Windows 10. Cette décision, présentée comme une avancée « inévitable » vers un avenir plus sécurisé, dissimule mal une stratégie d’obsolescence programmée à grande échelle, aux conséquences économiques, écologiques et sociales profondes.
Une échéance forcée, une pression injuste
Windows 10 équipe aujourd’hui encore plus d’un milliard d’appareils dans le monde, dont une majorité en Europe. Pourtant, Microsoft a décidé que seuls les ordinateurs disposant des dernières normes matérielles – processeur compatible, puce TPM 2.0, etc. – pourront migrer vers Windows 11. Pour des millions d’utilisateurs, il n’existe donc aucun chemin de mise à jour, malgré un matériel parfaitement fonctionnel.
La sentence est claire : en 2025, à moins d’investir dans un nouvel ordinateur, l’utilisateur européen se retrouvera hors normes, exposé aux cyberattaques, et exclu progressivement du monde numérique moderne.
L’obsolescence numérique, angle mort des négociations internationales
Dans ce contexte, un autre fait choquant mérite d’être souligné. Alors que les États-Unis, sous l’impulsion de Donald Trump, ont imposé des droits de douane sur les produits européens pour protéger leurs industries nationales sans aucune compensation, sans même fournir le tube de vaseline, l’Europe est restée silencieuse sur son asservissement numérique. Danke, Rita !
Nous sommes la colonie numérique consentante des États-Unis : nos écoles, nos administrations, nos entreprises reposent sur des systèmes et logiciels contrôlés par des entreprises américaines. Pourtant, dans les négociations commerciales, cet asservissement stratégique ne pèse rien. Aucune compensation, aucune clause de souveraineté numérique, aucun rééquilibrage. C'est sans compter les entreprises qui échappent à l'impôt en privilégiant les paradis fiscaux comme l'Irlande.
Pire : nous payons deux fois. Une première fois en achetant les licences, une seconde fois lorsqu’on nous impose un renouvellement matériel injustifié.
Une réaction citoyenne commence à émerger
Face à ce diktat technologique, la contestation monte. Des associations comme Halte à l’Obsolescence Programmée (HOP) dénoncent une logique destructrice qui pousse à jeter des machines encore en état de marche, alors même que les objectifs environnementaux européens demandent de réduire drastiquement nos déchets électroniques.
Des mouvements comme le Right to Repair (Droit à la réparation) militent pour des lois interdisant ce type d’obsolescence logicielle injustifiée, en exigeant que les appareils restent fonctionnels tant qu’ils sont matériellement viables.
Plusieurs pétitions en ligne rassemblent déjà des milliers de signatures. Des plateformes comme Change.org hébergent ces voix, et appellent Microsoft à étendre le support de Windows 10 ou à proposer des alternatives sérieuses aux utilisateurs laissés pour compte.
Et maintenant ?
L’Europe doit ouvrir les yeux : tant qu’elle ne développera pas une stratégie de souveraineté numérique ambitieuse, elle restera un vaste marché captif, vulnérable aux décisions unilatérales de géants étrangers.
Nous ne demandons pas un retour en arrière. Nous demandons le choix, la durabilité, le respect des utilisateurs et des ressources. Le numérique n’a pas à être un consumérisme déguisé, encore moins un outil de domination géopolitique.
Où protester et s’informer
Le 14 octobre 2025 n’est pas une simple date technique. C’est le symbole d’une dépossession. À moins d’une mobilisation forte, les citoyens européens continueront à subir les décisions de multinationales étrangères, hors de tout cadre démocratique.
Mais il est encore temps de résister. Par la protestation, par les choix technologiques alternatifs, et par l’exigence politique. Oui, les pétitions ont encore du sens. Voyez la Loi Duplomb !
Laurent QUEVILLY.
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