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Titre : LA MÉMOIRE COURTE DE DONALD TRUMP



En août 1945, les États-Unis larguent deux bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki, causant la mort immédiate de plus de 200 000 civils japonais. Ce geste, encore aujourd’hui présenté dans la vulgate occidentale comme une action tragique mais nécessaire pour abréger la guerre, mérite une relecture rigoureuse et désencombrée des justifications morales ou stratégiques postérieures. Car si l’on applique les principes du droit international humanitaire tels que nous les revendiquons pour juger les crimes des autres, alors il faut avoir le courage d’affirmer que les bombardements atomiques du Japon sont bel et bien des crimes de guerre. Non pas un simple excès militaire, mais une entreprise froide et préméditée de destruction de masse, sans nécessité stratégique immédiate, et surtout sans aucune discrimination entre objectifs militaires et civils.

Le Japon, en août 1945, était à genoux. Son armée était décimée, sa marine neutralisée, son territoire déjà massivement bombardé par des raids conventionnels qui avaient fait plus de morts à Tokyo que la bombe d’Hiroshima. Plusieurs responsables américains de haut rang, dont les généraux Eisenhower et MacArthur, ont exprimé leur opposition à l’usage de l’arme atomique, estimant que la reddition japonaise n’était qu’une question de temps. Pourtant, les bombes furent larguées. Pourquoi ? Parce qu’elles devaient servir de démonstration de puissance à l’attention de l’Union soviétique. Hiroshima et Nagasaki furent en réalité des champs d’essai à ciel ouvert, des laboratoires de l’horreur nucléaire. Des médecins américains ont été dépêchés sur place non pour secourir les survivants, mais pour observer, mesurer, classifier les effets des radiations sur le corps humain. Plus cynique encore, l’après-guerre fut ponctué aux États-Unis de concours de "Miss Bombe Atomique", de jouets en forme de champignon nucléaire, de propagande pro-nucléaire destinée à ancrer dans la conscience collective l’idée que cette technologie incarnait le progrès, non l’apocalypse.




Comment ne pas parler ici de crime, sinon au nom d’une morale asymétrique qui absout le vainqueur de ce qu’il punit chez les vaincus ? À Nuremberg, les Alliés jugèrent avec raison les bombardements délibérés de villes comme Rotterdam ou Coventry comme des crimes de guerre. Par quel tour de passe-passe juridique ou moral échapperait-on à la même qualification pour Hiroshima ? Par la force du vainqueur, et par la narration historique qu’il a imposée.

Ce même vainqueur, les États-Unis, qui aiment tant rappeler leur rôle de libérateurs de l’Europe, oublient avec constance qu’ils doivent leur propre indépendance à un sacrifice français considérable. En 1778, la France engagea hommes, navires et fortunes pour soutenir les treize colonies contre la Couronne britannique. Plus de 5 000 soldats français tombèrent au nom d’une liberté qui n’était pas la leur, dont certains à Yorktown, pivot décisif de la victoire. Ce soutien ne fut pas un geste symbolique : sans la France, l’indépendance américaine aurait été compromise, peut-être même impossible. Pourtant, cette dette historique ne semble jamais peser dans les relations transatlantiques.

L’ingratitude n’est pas un accident dans l’histoire des relations américano-françaises. Lors des deux guerres mondiales, les États-Unis n’interviennent qu’avec un retard stratégique criant. En 1917, ils rejoignent le front ouest alors que l’Europe saigne depuis trois ans dans les tranchées. En 1941, ils se décident enfin à combattre le nazisme, non pas après avoir constaté la Shoah, ni en raison des atrocités nazies, mais parce que leurs propres bases à Pearl Harbor ont été attaquées. En attendant, une partie de leur industrie continue, par des biais directs ou indirects, à commercer avec l’économie allemande. Il a fallu l’hécatombe de Stalingrad, les vingt millions de morts soviétiques, pour que le cours de la guerre change réellement en Europe. Mais dans les récits américains, la Seconde Guerre mondiale commence en Normandie et se termine à Berlin, comme si les Russes n’avaient été qu’un facteur périphérique.

Ce mythe du libérateur s’accompagne d’un mépris pour ceux qui ne s’y soumettent pas. Le général de Gaulle, précisément, n’a jamais été le fruit d’une quelconque protection américaine. Bien au contraire, les États-Unis, et Roosevelt en particulier, ont tout fait pour l’empêcher d’incarner la France libre. Ils lui préférèrent d’abord l’amiral Darlan, collaborateur notoire, puis le général Giraud, plus docile. Ils refusèrent de reconnaître son autorité, tentèrent d’administrer la France à travers un système militaire d’occupation (l’AMGOT), et n’acceptèrent sa légitimité que lorsque De Gaulle s’imposa de fait. Ce n’est pas Washington qui l’a sauvé, c’est lui qui a sauvé l’honneur de la France, seul, ou presque, en s’opposant à Vichy, à Hitler, et à l’indifférence alliée.

Aujourd’hui encore, cet esprit de domination réapparaît sans détour. Sous Donald Trump, les États-Unis ont menacé l’Europe de guerres commerciales, dénoncé unilatéralement les accords internationaux, quitté l’accord de Paris sur le climat, fragilisé l’OTAN, et traité l’Union européenne comme une ennemie économique. Voilà le remerciement pour deux siècles d’alliance, de sacrifices et de diplomatie. Ce retour brutal du "chacun pour soi" américain n’est pas une dérive. Il est la conséquence logique d’une culture politique fondée sur l’hégémonie, l’unilatéralisme et l’amnésie stratégique.

Hiroshima ne fut pas seulement un massacre, ce fut un signal : celui d’une ère où la domination se construit sur la peur, l’expérimentation sur le corps des autres, et l’effacement des responsabilités au nom de la victoire. Il ne s’agit pas ici de haïr les États-Unis, mais de rappeler que la puissance ne fonde pas la justice, et que les vainqueurs aussi doivent rendre des comptes à l’histoire.

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